mar
10
2006

Nom d’une pipe

Même si le risque est faible, il n’est pas nul, ni celui de contracter une IST (Infection sexuellement transmissible), comme la syphilis. Voici un point sur un sujet certes glissant, mais qui souffre surtout d’idées fausses. Exemples de situations…

Pour la personne qui suce

Le risque est, sans aucun doute, nettement plus faible que pour une pénétration vaginale ou anale, mais il existe.

Pourquoi est-ce possible ?

La bouche est une muqueuse, tout comme le vagin ou l’anus, á travers laquelle le virus peut passer. Certes, cette muqueuse est moins fragile (que la muqueuse anale notamment), mais elle peut néanmoins constituer une porte d’entrée pour le virus. Cela est particulièrement vrai en cas de petites blessures, d’irritations dans la bouche, par exemple des aphtes, des brûlures, des maux de gorge, des gencives fragilisées après le brossage des dents, etc.

En cas de fellation d’une personne séropositive, le virus contenu dans son sperme peut alors passer á travers la bouche de la personne qui la suce. L’éjaculation dans la bouche est donc fortement déconseillée… Même sans éjaculation, ce risque ne peut-être exclu. Certains hommes sécrètent un liquide transparent lié á l’excitation (liquide pré-séminal). Ce liquide n’est pas du sperme, mais il peut, lui aussi, contenir du virus, même si la personne a une charge virale indétectable.

Pour la personne sucée

Le risque devrait être encore plus faible puisque la salive n’est pas contaminante. Pour qu’il y ait un risque de contamination, il faudrait que la personne qui suce ait du sang dans la bouche, ou bien, lors de rapports á plusieurs, qu’elle ait encore en bouche le sperme d’un partenaire (séropositif) précédent. Tout est possible…

Alors que faire ?

De façon générale, le risque de contamination par fellation sans éjaculation est très faible, mais il n’est pas nul : il a été décrit dans plusieurs études ces dernières années et certains pensent qu’il a peut-être été sous-estimé depuis le début de l’épidémie. De récentes études font état d’un nombre non négligeable de personnes se disant contaminées de façon certaine par fellation. Certes les cas sont bien moindres que lors d’une pénétration anale ou vaginale, mais il ne s’agit pas d’un simple risque théorique.

Faut-il se protéger lors des fellations ?

Des risques, nous en prenons tous les jours dans notre vie. L’exemple trivial de la voiture est assez parlant : lorsque l’on prend sa voiture, on prend un risque. Ce n’est pas un risque théorique : tous les jours, des personnes décèdent sur la route. Refuse-t-on de monter dans une voiture pour autant ? Pour la fellation, le risque encouru est moindre et des informations précises permettent d’écarter toute ignorance ou toute phobie. Chacun peut alors prendre sa décision en connaissance de cause…

Fabien

Comment réduire les risques au maximum ?

Au maximum, c’est le préservatif ! (Rappelons qu’il en existe de toutes sortes, parfumés, féminins ou masculins).

A défaut :

- évitez de sucer un partenaire si vous avez des aphtes, des blessures, des brûlures dans la bouche ou bien si vous avez mal á la gorge (ou alors avec préservatif).

- évitez aussi de vous brosser les dents juste avant de faire une fellation (préférez un bon chewing-gum á la menthe ou á la chlorophylle pour avoir l’haleine fraîche ou alors masser avec vos doigts vos gencives avec du dentifrice !)

- évitez de vous rincer la bouche avec une solution buccale alcoolisée, après une fellation. Si vous voulez vous rincer la bouche, préférez l’eau, y compris s’il y a eu éjaculation dans la bouche (fortement déconseillée).

- évitez enfin d’éjaculer sur le visage et notamment près des yeux qui sont une muqueuse donc éventuellement une porte d’entrée pour le VIH (très rare).

Résultats d’études sur les risques de contamination par fellation

En 1998, une étude américaine révélait que 8 à 10 % des homosexuels séropositifs disaient avoir été contaminés par fellation. Une étude anglaise similaire publiée en 2001 donne, quant á elle, le chiffre de 6 %. L’Health protection agency, au vue de l’ensemble des données connues á ce jour, estime que 3% des gays séropositifs ont été contaminés par fellation.

Les études précitées sont toutes critiquables sur le plan de la méthodologie (cas déclarés par les séropositifs eux-mêmes, personne n’étant là pour vérifier les pratiques réelles !), mais elles ont le mérite de nous rappeler que le risque n’est pas théorique. Malgré un risque faible, la fellation pourrait être un mode réel de transmission du VIH (qui augmente avec le nombre de fellations pratiquées).

Extrait de Remaids magazine d’information de l’association AIDES

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Rubrique: Santé |

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